NVIDIA, Microsoft et Anthropic ont signé un nouvel accord de plusieurs millions de dollars
Microsoft, NVIDIA et Anthropic ont récemment annoncé une série d'alliances stratégiques visant à redistribuer la carte du pouvoir dans la course à l'IA générative. Anthropic déploiera ses modèles Claude dans Azure, le cloud de Microsoft, tout en s'engageant à acheter 30 milliards de dollars de capacité informatique et à contracter une capacité supplémentaire pouvant aller jusqu'à un gigawatt. De leur côté, NVIDIA et Microsoft investiront respectivement jusqu'à 10 000 et 5 000 millions de dollars dans la startup.
Le pacte triangulaire, en chiffres. Anthropic aura accès pour la première fois à Microsoft Foundry, où ses modèles les plus avancés (Claude Sonnet 4.5, Claude Opus 4.1 et Claude Haiku 4.5) seront disponibles pour les clients entreprises Azure. Avec cela, Claude devient le seul modèle avancé présent dans les trois principaux services cloud au monde.
De plus, Microsoft promet de maintenir l'intégration de Claude dans sa famille Copilot, notamment GitHub Copilot, Microsoft 365 Copilot et Copilot Studio. En parallèle, NVIDIA et Anthropic établissent leur première collaboration d'un tel calibre. Pour ce faire, ils travailleront ensemble en conception et en ingénierie pour optimiser les modèles Claude sur les futures architectures NVIDIA, à commencer par les systèmes Grace Blackwell et Vera Rubin.
Microsoft cherche des alternatives à OpenAI. Cette décision intervient quelques semaines seulement après qu'OpenAI ait achevé sa restructuration vers un modèle à but lucratif et renouvelé son accord avec Microsoft. Bien que Microsoft conserve une participation de 27 % dans OpenAI, évaluée à environ 135 milliards de dollars, les nouveaux termes de l'accord ont assoupli certains éléments clés de son exclusivité. Et OpenAI peut désormais collaborer avec des tiers et publier des modèles open source, tandis que Microsoft n'a plus le droit d'essayer d'être son seul fournisseur informatique.
Selon The Verge, ces changements dans la relation avec OpenAI ont justement permis à Microsoft de conclure ce pacte avec Anthropic. En fait, Microsoft avait déjà parié sur Claude dans certains de ses services, par exemple dans Visual Code, en donnant la priorité à Claude par rapport à GPT-5 dans son sélecteur de modèle. Il a également récemment ajouté Claude Sonnet 4 et Claude Opus 4.1 à Microsoft 365 Copilot.
Financement circulaire : de l’argent qui revient. Comme cela est déjà courant dans ces macro-accords sur l’IA, une dynamique claire de financement circulaire est maintenue. Microsoft et NVIDIA injectent des capitaux dans Anthropic, qui à son tour s'engage à dépenser des dizaines de milliards pour les infrastructures fournies par ces mêmes sociétés. Essentiellement, une partie de l’argent investi est réinvestie sous forme de revenus provenant des services de cloud computing et du matériel spécialisé.
Ce n'est pas un phénomène nouveau : en effet, Anthropic entretient déjà des accords similaires avec Amazon, qui a investi 8 milliards de dollars et reste son principal fournisseur d'infrastructures, et avec Google, qui a annoncé ces dernières semaines un accord pour fournir jusqu'à un million de TPU à la startup. Ces types d’investissements croisés sont devenus la norme dans l’écosystème de l’IA générative, créant des relations presque symbiotiques entre les entreprises pour répondre à leurs besoins en matière de calcul et d’infrastructure.

Un gigawatt. Construire un centre de données avec cette capacité pourrait coûter environ 50 milliards de dollars, selon les estimations du secteur, dont environ 35 milliards de dollars dédiés exclusivement aux puces d'IA. Bien que ce chiffre soit dérisoire comparé au projet Stargate d'OpenAI, qui vise 500 milliards de dollars d'investissement, l'approche d'Anthropic semble plus pragmatique et axée sur l'exécution.
L'entreprise dirigée par Dario Amodei a gagné du terrain sur le marché des affaires avec moins de bruit médiatique mais avec des résultats solides. Et son taux de revenus annualisé atteint désormais 7 milliards de dollars, même si, comme le reste des startups d’IA, elle continue de dépenser beaucoup plus qu’elle ne gagne.
Diversification. Ce qui est vraiment pertinent dans cet accord, c’est qu’il confirme une tendance : les grandes entreprises technologiques ne misent plus tout sur une seule carte en matière d’IA. Microsoft, qui a investi des milliards dans OpenAI depuis 2019 et en a fait le fleuron de sa stratégie IA, élargit désormais son portefeuille avec Anthropic. De son côté, Anthropic démontre sa capacité à entretenir de multiples alliances sans compromettre son indépendance. C’est l’option judicieuse et celle qui minimise les risques.
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