intelligenza artificiale imprese

IA et entreprises : les investissements s’accélèrent, les retours économiques sont retardés

Les entreprises accélèrent grâce à l’intelligence artificielle, mais les résultats économiques ne suivent pas le rythme. Selon un rapport de la plateforme pour les compétences et l’emploi numériques de la Commission européenne, basé sur 3 700 cadres dans 21 pays et des données opérationnelles de plus de 1 200 entreprises, 68 % des organisations déclarent des investissements importants dans l’IA. Toutefois, seuls 54 % ont enregistré un rendement positif.

Ce chiffre marque une amélioration de 12 points de pourcentage par rapport à 2024, mais reste loin des attentes. Plus de la moitié des entreprises rencontrent des difficultés opérationnelles : 57 % signalent des retards d’innovation liés aux limitations de la pile technologique.

Les nœuds structurels : intégration, compétences, règles

Les questions cruciales se posent sur trois fronts.

Le premier concerne l’intégration avec des systèmes informatiques existants, souvent fragmentés ou obsolètes.

Le deuxième est le manque de compétences spécialisées, qui ralentit l’adoption et limite l’utilisation efficace des technologies.

Le troisième est représenté par les contraintes réglementaires, dans un contexte européen où la régulation de l’IA se consolide.

Le résultat est un écart entre l’urgence d’innover et la capacité de le faire de manière durable. Les entreprises investissent, mais sans stratégie cohérente, elles risquent de transformer les dépenses technologiques en coûts non récupérés.

Le rôle de la stratégie : au-delà de la technologie

« Le problème n’est pas seulement technologique : il est culturel, organisationnel et stratégique », explique Ernesto Di Iorio, PDG de QuestIT by Vection Technologies, une entreprise active dans le développement de solutions d’intelligence artificielle appliquées au langage naturel. L’objectif est de transformer l’IA en un investissement documentable, avec des effets sur le chiffre d’affaires, les marges et la qualité de service.

Le modèle implique une analyse initiale, une co-conception et une mise en œuvre ciblée, évitant les interventions invasives et améliorant les infrastructures existantes.

Le marché italien et l’effet de levier des fonds publics

En Italie, le contexte offre des marges de croissance. Selon le rapport « Digital in Italy 2025 » d’Anitec-Assinform, le marché numérique a atteint 84,2 milliards d’euros en 2025 et devrait atteindre 91,4 milliards d’ici 2028, tiré par les services TIC, les logiciels et les contenus numériques.

Sur le plan incitatif, le Plan National de Relance et de Résilience reste central. Lors du Sommet Italie Numérique 2025, 90 % des institutions ont reconnu la pertinence des fonds PNRR pour la numérisation, avec une perception croissante de leur efficacité.

Parmi les outils disponibles figurent le Plan de Transition 5.0, les crédits d’impôt pour les biens 4.0, les mesures dédiées aux PME et les initiatives comme le PID Next. Il s’agit de leviers financiers permettant de réduire le risque des investissements, à condition que les projets soient structurés de manière cohérente avec les exigences des appels d’offres.

De la théorie à la pratique : le manuel opérationnel

Le parcours proposé par QuestIT et Centro Studi Area 12 est divisé en cinq étapes. Nous partons de l’évaluation de la maturité numérique, pour identifier les priorités et les marges d’intervention. S’ensuit la définition d’une feuille de route stratégique, avec des objectifs et des délais également alignés sur les guichets de financement public.

Un rôle central est attribué à la formation du personnel, pour intégrer l’IA dans les processus métiers. La mise en œuvre technologique se concentre sur des solutions évolutives et intégrées, évitant les projets isolés. Enfin, la planification financière relie les investissements aux incitations disponibles, dans le but de maximiser les rendements et de réduire l’utilisation des capitaux propres.

Centro Studi Area 12 agit comme intermédiaire entre les outils commerciaux, technologiques et de financement subventionné, en suivant l’ensemble du processus : de la planification au reporting.

Une transition qui demande de la méthode

L’adoption de l’intelligence artificielle dans les entreprises progresse à un rythme rapide, mais sans alignement entre stratégie, compétences et outils financiers, le risque d’inefficacité reste élevé. Les données montrent qu’investir ne suffit pas.

La combinaison de l’innovation technologique et de l’accès aux fonds publics représente l’une des conditions pour transformer les dépenses en croissance. L’étape décisive concerne la capacité des entreprises à traduire l’IA en résultats économiques mesurables.