Agenti AI scenari

Pourquoi l'IA agentique a besoin de plates-formes souveraines

Imaginez entrer sur votre lieu de travail et découvrir que certains de vos « collègues » ne sont plus humains. Ce ne sont pas des robots au sens traditionnel du terme, mais des agents, entités logicielles autonomes, chacune formée sur de grands ensembles de données, dotées d'un pouvoir de décision et capables de mener des activités économiques, sociales et opérationnelles à grande échelle. Ces agents élaborent des politiques, surveillent les chaînes d'approvisionnement, gèrent les dossiers médicaux, génèrent des informations et même réglementent les interactions numériques des individus.

Il s’agit d’un changement de direction qui va révolutionner notre façon de travailler, le fonctionnement des administrations publiques et même la dynamique des communautés. En conséquence, les infrastructures numériques publiques (DPI – Infrastructure publique numérique) ne sera pas seulement un outil pratique, mais aussi une bouée de sauvetage.

La souveraineté à l’ère des agents

Il est important de pouvoir prétendre à juste titre disposer de grandes quantités de données, mais cela ne suffit pas. Et puis, d'autres questions tout aussi importantes à aborder sont : « Où se trouvent-ils ? Qui les contrôle ? Qui en régule l'accès ? ».

Dans un monde dirigé par des agents, ces questions ne sont pas seulement techniques, mais concernent directement des aspects tels que le pouvoir et l’indépendance.

Une nation souveraine qui ne peut pas localiser, gérer ou faire confiance à ses propres données n’est plus souveraine. Un gouvernement qui ne peut pas vérifier ce que ses agents ont appris – ou avec qui ils communiquent – ​​n’est plus capable de gouverner.

Pour survivre et prospérer dans ce nouvel écosystème, les EPI doivent évoluer vers ce qu'ils appellent Etaiement numérique: un cadre fondamental pour des environnements souverains, fiables et ouverts, construit sur quatre piliers :

  1. Open Data : non seulement accès, mais aussi confiance. Pour cela, il est fondamental de pouvoir vérifier l’origine, la provenance et la gouvernance des données afin de savoir d’où proviennent les données et où elles vont.
  2. Logiciels Open Source : Pourquoi les infrastructures critiques construites sur des boîtes noires ne sont ni sécurisées ni souveraines.
  3. Normes ouvertes : sans protocoles partagés, les agents ne peuvent pas coopérer, ce qui empêcherait toute forme d’interaction entre les institutions et le gouvernement.
  4. Compétences ouvertes : la capacité de lire un bilan ou de contrôler un réseau de neurones ne doit pas appartenir à quelques privilégiés.

Ces 4 points représentent l’épine dorsale d’une société multi-agents à la fois juste, souveraine et résiliente.

Intelligence Agent

Clarifions le rôle des agents. Imaginez remettre les états financiers d'une entreprise à deux interlocuteurs : un analyste novice et un économiste expert. Les deux peuvent comprendre les chiffres, mais un seul peut en extraire des informations stratégiques. De même, les agents savent lire, analyser et raisonner, mais la qualité de leurs actions dépend entièrement des compétences dont ils sont dotés. Ces capacités peuvent être formées, acquises et partagées.

Dans le contexte du secteur public, cela représente une extraordinaire opportunité d’optimisation. Pourquoi chaque institution devrait-elle réinventer le même agent ? Pourquoi les compétences d'un agent de détection des fraudes utilisées dans un service ne peuvent-elles pas être appliquées, de manière sûre et éthique, à un autre ?

Tout comme les individus distribuent leur expertise en créant une culture, nous avons besoin d’une infrastructure capable de partager des capacités d’agent entre les institutions numériques. C'est précisément là que des organisations telles que l'ONU peuvent apporter leur contribution, en établissant des normes et en contribuant au progrès, à travers l'initiative Pacte numérique mondial.

Du « cloud souverain » aux « plateformes d’IA souveraines »

L’un des thèmes majeurs de cette période est le maintien des données à l’intérieur des frontières nationales, mais dans le monde des agents cela ne suffit plus. Il est encore plus important de savoir où et comment les modèles sont formés, comment ils sont gérés et comment ils peuvent être gardés sous contrôle.

Nous avons besoin de plateformes d’IA souveraines, dont le fonctionnement n’est pas sans rappeler la façon dont les services des ressources humaines gèrent les employés, vérifient leurs informations d’identification, surveillent leurs performances et assurent leur collaboration au sein du système de l’entreprise. Il s’agit d’une tâche qu’aucune entreprise ne peut entreprendre seule, mais d’une mission mondiale.

Ouvert par conception, régi par défaut

Les gouvernements du monde entier réalisent déjà que l’IA privée ne peut pas être construite sur des cloud publics monopolisés. La surveillance de l’identité numérique et des agents doit être ouverte et transparente, et non cachée, spécialement conçue ou opaque.

Par conséquent, l’avenir doit être d’une part « ouvert dès la conception » – dans le code, dans les données, dans les protocoles – mais aussi « gouverné par défaut », depuis les identifications numériques qui authentifient non seulement les humains, mais aussi les agents et leur comportement, jusqu’aux graphiques d’informations complets qui préservent les connaissances institutionnelles partagées entre les systèmes, ainsi que les pistes d’audit qui documentent chaque décision, chaque inférence, chaque demande.

Nous ne parlons pas seulement de technologie, mais de la possibilité de construire un nouveau type de société numérique, conçue pour renforcer les États, protéger les citoyens et nourrir les valeurs démocratiques.

La nécessité d’une coopération numérique

Cette transformation ne sera pas facile. Cela nécessitera des politiques audacieuses, des investissements soutenus, une coopération entre États et, surtout, un leadership technique fondé sur des valeurs partagées. Dans un monde fondé sur les agents, la coopération numérique n’est pas une condition facultative, mais constitue le fondement même de la souveraineté. Sans coopération, nous nous retrouverons à fonctionner dans des structures en silos, à résoudre les problèmes de verrouillage du fournisseur et se retrouver à la merci d’une dérive algorithmique.

Construire un avenir dans lequel l’intelligence, humaine ou mécanique, est au service du bien public n’est possible qu’en allant au-delà des slogans. Les plateformes, protocoles et biens publics doivent être ouverts, modulaires et souverains. Nous devons commencer à traiter les agents non seulement comme des outils, mais comme une partie intégrante d’une société numérique qui nécessite gouvernance, confiance et coopération.