« Nous surestimons ce qui va se passer dans les deux prochaines années et nous sous-estimons ce qui va se passer dans les dix prochaines années »
Bill Gates, à propos de l’IA : « Nous surestimons ce qui se passera dans les 2 prochaines années et nous sous-estimons ce qui se passera dans les 10 prochaines » Il y a une phrase que Bill Gates répète souvent avec la conviction de quelqu’un qui a déjà vu comment le monde s’est trompé en jugeant une technologie : « nous surestimons ce que nous pouvons faire en un an et sous-estimons ce que nous pouvons réaliser en dix. » Bien que cela puisse s’inscrire dans une période d’incertitude et de sauts technologiques comme celle que nous vivons actuellement avec l’IA, ce n’est pas vraiment nouveau. Il est apparu dans son livre » et il l’a récupéré en .
Cependant, le co-fondateur de Microsoft ne l’utilise pas pour montrer qu’il avait raison dans son engagement technologique en faveur des ordinateurs de bureau, mais plutôt pour demander un peu de calme et de recul face au moment technologique le plus disruptif depuis l’arrivée de l’ordinateur personnel qu’il a vécu de première main.
Un d. technologique. Gates a passé des mois à consacrer une bonne partie de ses interventions à calmer la panique collective autour de l’arrivée de l’IA. Dans l’une de ses interventions pour promouvoir son dernier livre, le millionnaire a participé au podcast de Jay Shetty et en a profité pour envoyer un message rassurant : on avait déjà vécu quelque chose de similaire quand Windows est arrivé, et puis il y avait aussi ceux qui pensaient que le monde touchait à sa fin.
Depuis qu’il a laissé la tête de Microsoft à Steve Ballmer, il n’a cessé de conseiller son équipe de direction, notamment celles responsables de l’alliance avec OpenAI. Selon certaines informations, le PDG Satya Nadella et l’équipe de direction de Microsoft se tournent vers le fondateur en tant que conseiller face aux changements stratégiques pertinents pour l’entreprise. Ce rôle discret mais influent lui donne une perspective différente sur la révolution actuelle de l’IA. Pour cette raison, il insiste sur le fait que la peur de la société face à cette nouvelle technologie suit les mêmes schémas que ceux des premières années de Microsoft.
L’IA est une opportunité, mais aussi un risque. Dans sa lettre annuelle The Year Ahead, Gates a décrit l’IA comme une technologie sans « limite supérieure » en termes de capacités, ce qui la laisse dans un scénario plein d’opportunités, mais aussi de grands risques qui doivent être gérés. Dans cette même publication, il assurait que « de toutes les choses que les humains ont créées, l’intelligence artificielle est celle qui changera le plus la société ».
Le millionnaire identifie deux menaces majeures pour la prochaine décennie : l’utilisation de l’IA par des acteurs malveillants et l’émergence de l’IA sur le marché du travail. Parmi les dangers qu’il cite avec le plus d’inquiétude figure l’utilisation de cette technologie pour concevoir des armes d’une portée comparable à celle de la pandémie de COVID-19.
Le travail, le grand champ de bataille. L’un des effets de l’IA que Gates analyse plus en détail est son impact sur l’emploi. Sa position n’est pas catastrophique, mais elle est directe : la technologie permettra à l’économie de produire plus de biens et de services en utilisant moins de main-d’œuvre. Il souligne que l’IA double déjà l’efficacité des développeurs de logiciels, rendant la programmation moins chère et modifiant la demande de main-d’œuvre dans ce secteur.
Gates souligne également que l’IA affectera des secteurs moins attendus, la médecine et l’éducation étant au premier plan. Il ne le présente pas comme une menace inévitable, mais comme un signal d’alarme pour s’adapter avant que le changement n’arrive sans avertissement.
Un optimisme nuancé et un engagement à agir maintenant. Dans son analyse de 2026, le magnat de la technologie insiste sur le fait que les décisions prises dans les années à venir détermineront si l’IA deviendra un facteur de progrès partagé ou une source supplémentaire d’inégalités et de souffrance sociale. Fidèle à sa phrase, Gates assure que le moment est venu d’agir, et non lorsque la technologie est déjà incontrôlable et ses effets irréparables.
Ce qui rend sa vision différente, c’est l’équilibre qui propose une place intermédiaire entre catastrophisme et euphorie aveugle. Gates a appris ce concept à ses dépens au cours de ses premières années à la tête de Microsoft : envisager les pires et les meilleurs scénarios, car on ne peut pas être assez optimiste au point de penser que tout se passera toujours comme prévu, ni assez pessimiste au point de croire que tout sera un échec absolu.
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