Anthropic souhaite sécuriser ses puces pour son IA et a donc accepté de dépenser 200 milliards de dollars pour Google, selon The Information.

Anthropic souhaite sécuriser ses puces pour son IA et a donc accepté de dépenser 200 milliards de dollars pour Google, selon The Information.

Anthropic a accepté de payer à Google environ 200 milliards de dollars sur cinq ans pour augmenter sa capacité de calcul, a rapporté The Information. Ce chiffre placerait ainsi la startup d’IA comme le plus gros client individuel de Google Cloud, représentant plus de 40 % du carnet de revenus qu’Alphabet a communiqué à ses investisseurs la semaine dernière.

D’engagement en engagement. Un carnet de revenus reflète les engagements contractuels déjà signés par les clients d’un fournisseur de cloud. Le fait qu’Anthropic occupe plus de 40 % de Google Cloud en dit long sur la mesure dans laquelle la startup est devenue un élément structurel de l’activité d’Alphabet.

Il y a aussi une autre nuance à souligner : les grandes entreprises d’IA comme Anthropic ou OpenAI continuent d’avoir besoin d’hyperscalers pour continuer à croître, donc en ce sens, Microsoft et Google peuvent se permettre de ne pas avoir les meilleurs modèles d’IA tant qu’ils reçoivent un tel montant de revenus pour offrir une telle capacité de calcul.

En quoi consiste l’accord. Selon The Information, l’accord, signé en avril, comprend une capacité massive de TPU (les propres puces IA de Google), fournies en collaboration avec Broadcom. Cependant, cette infrastructure ne sera pas prête après 2027. Anthropic, de son côté, fonctionne non seulement avec le matériel de Google, mais utilise également les puces Trainium d’Amazon et les GPU de Nvidia, jouant bien ses cartes pour diversifier les fournisseurs et ne pas dépendre d’une seule entreprise qui fournit des capacités de calcul.

Le financement circulaire désormais classique. Alphabet investit dans Anthropic depuis des années : d’abord 300 millions de dollars en 2023, puis encore 2 milliards, puis 1 milliard de plus en 2025. Il y a quelques jours, nous avons également découvert un investissement pouvant aller jusqu’à 40 milliards de dollars supplémentaires de la part de Google, dont 10 milliards seraient déboursés immédiatement et le reste serait conditionné aux objectifs atteints.

En échange, Google Cloud fournira 5 gigawatts supplémentaires de capacité de calcul. De cette façon, Google investit dans Anthropic et Anthropic dépense cet argent dans Google. C’est ce qu’on appelle le financement circulaire, et c’est la clé de la façon dont les fondements de l’IA sont faits de promesses.

Selon les médias, les contrats signés entre de grands fournisseurs de cloud (Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud) et des startups comme Anthropic et OpenAI totalisent déjà plus de deux milliards de dollars de backlogs compromis. Les hyperscalers investissent dans les startups d’IA et les startups d’IA dépensent cet argent dans l’infrastructure de ces mêmes hyperscalers.

Anthropic n’en a pas les moyens… et pourtant, ils le font. Les estimations suggèrent que les coûts des serveurs d’Anthropic pourraient atteindre 20 milliards de dollars rien qu’en 2026. L’entreprise n’est pas encore rentable, mais la demande pour sa famille de modèles Claude continue de croître fortement dans le segment des entreprises, l’obligeant à sécuriser sa capacité informatique à long terme avant que les pénuries d’infrastructures ne l’en empêchent.

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L’accord avec Google s’ajoute à un autre récent avec CoreWeave et à la prévision d’obtenir près d’un gigawatt de capacité supplémentaire grâce aux puces Amazon avant la fin de l’année.

Relation presque symbiotique. Alphabet se trouve à une époque de pression concurrentielle maximale dans le domaine de l’IA. Son activité cloud a augmenté de 36 % l’année dernière et Anthropic est l’un de ses clients les plus intensifs. Perdre cette relation, ou la voir migrer vers d’autres fournisseurs comme AWS, serait un coup dur. De plus, avec la valorisation d’Anthropic estimée par Bloomberg à environ 800 milliards de dollars et avec une éventuelle introduction en bourse avant la fin de l’année, la participation accumulée de Google dans l’entreprise pourrait devenir l’un de ses actifs financiers les plus précieux. Il ne s’agit pas seulement d’infrastructures : c’est aussi un pari capital.

Image de couverture | Wikimédia et Fortune Brainstorm Tech

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