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Vibecoding ne tuera pas les logiciels d'entreprise

Le Vibecoding, ou l'utilisation de messages verbaux et de l'intelligence artificielle pour écrire du code, semble se diriger directement vers les géants du logiciel. Les actions de SAP, couronnées en mars dernier seulement comme l'entreprise la plus valorisée d'Europe, ont depuis lors chuté d'environ un cinquième. Aux États-Unis, ServiceNow a perdu les deux cinquièmes de sa valeur au cours de l'année écoulée.

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Vibecoding, pourquoi les investisseurs ont peur

À première vue, les inquiétudes ne sont pas infondées. Les outils d'IA comme Claude Code d'Anthropic ou GPT-5.2 Codex, du moins en théorie, permettent à n'importe qui de faire ce que les grandes éditeurs de logiciels font depuis un demi-siècle. Si un stagiaire peut créer une application de facturation pendant sa pause déjeuner, pourquoi payer un abonnement mensuel pour une suite coûteuse de services SaaS, souvent partiellement utilisés ?

Claude CodeClaude Code

Des indices partout, entre battage médiatique et peurs

Les preuves circonstancielles ne manquent pas. Les recherches en ligne sur le vibecoding, selon Google Trends, ont explosé partout dans le monde – notamment aux États-Unis – au mois de janvier. Les didacticiels vidéo « Comment faire » prolifèrent sur les réseaux sociaux, aux côtés d'histoires peu rassurantes de contrats perdus par les grands fournisseurs SaaS.

Pour les investisseurs les plus pessimistes, il suffit de jeter un œil aux services informatiques et RH pour trouver des exemples de ces nouvelles façons de travailler.

Des barrières plus basses, mais pas brisées

C'est vrai : les barrières à l'entrée diminuent et hyperscaler – les grands fournisseurs de cloud comme Amazon, qui proposent également des outils d’IA propriétaires – représentent une nouvelle menace. Mais il faudra bien plus pour ébranler les leaders historiques du SaaS.

Un secteur habitué à se réinventer

Les logiciels d’entreprise sont une industrie qui connaît bien le changement : ils sont passés des disques physiques au cloud sans perdre leur élan. Les résultats financiers, pour l’instant, tiennent le coup. Sage Group a déclaré qu'il s'attend à une croissance organique du chiffre d'affaires supérieure à 9 % cette année, tandis que les analystes s'attendent à ce que SAP augmente son bénéfice d'exploitation ajusté de 15 à 18 % par an jusqu'en 2030.

Des valorisations en baisse, pas des fondamentaux

La baisse des actions reflète principalement une compression des multiples, c'est-à-dire le montant que les investisseurs sont prêts à payer pour leurs bénéfices futurs. Au cours de l’année écoulée, les multiples moyens ont chuté de plus d’un tiers, pour atteindre environ 25 fois les bénéfices attendus. Il y a donc plus de pessimisme sur l’avenir que d’effondrement des fondamentaux.

Parce que le SaaS reste un bon business

La croissance du SaaS est de qualité : les abonnements génèrent des revenus récurrents et « persistants », tandis que la distribution de logiciels ne nécessite pas de gros investissements en capital. De plus, ces entreprises adoptent également l’IA, que ce soit par le biais de développements internes, de partenariats ou d’acquisitions. L'israélien Nice a par exemple dépensé un milliard de dollars pour l'allemand Cognigy, spécialisé dans l'IA agentique pour le service client ; SAP, quant à lui, a conclu un partenariat avec Perplexity.

La véritable opportunité : un logiciel plus intelligent

L’opportunité sous-exploitée consiste à utiliser l’IA pour rendre les logiciels qui gèrent les systèmes d’entreprise plus intelligents et plus réactifs aux événements du monde réel. Une entreprise, par exemple, pourrait adapter sa chaîne d’approvisionnement en réponse à de nouveaux tarifs imminents. Il est probable que, du moins pour le moment, les entreprises préféreront acheter ces solutions auprès de professionnels, plutôt que de passer des semaines à corriger des bogues avec des alternatives développées en interne.