La liste des exigences pour Gemini Intelligence est si longue que même de nombreux téléphones Google sont laissés de côté
Les mises à jour ont toujours été le talon d’Achille d’Android, mais depuis plusieurs années, nous constatons que les fabricants s’efforcent de proposer jusqu’à sept ans de mises à jour sur leurs téléphones. C’est une bonne nouvelle pour les utilisateurs et les régulateurs. Le problème est que l’IA menace d’introduire une nouvelle forme de fragmentation : disposer d’un téléphone mobile mis à jour ne garantit plus l’accès aux fonctions les plus importantes, même s’il est haut de gamme.
Que s’est-il passé ? Il y a quelques jours, lors de l’Android Show, Google annonçait la nouvelle fonctionnalité star qui arriverait sur Android : Gemini Intelligence. Nous ne parlons plus de fonctions spécifiques, mais plutôt d’une couche d’IA qui couvre tout, permettant au téléphone mobile d’agir de manière autonome au sein du système et des applications. Cela semble bien, ce qui ne semble pas si bon, c’est la liste des exigences.
Exigences matérielles. Google a détaillé la configuration minimale requise pour qu’un téléphone mobile exécute Gemini Intelligence et ce n’est pas du tout encourageant. Nous parlons d’appareils dotés de 12 Go de RAM et qui montent des processeurs « phares » récents. Ces exigences laissent directement de côté la majorité de la flotte mobile actuelle, mais aussi, à l’heure actuelle, avec la crise de la mémoire qui fait monter les prix, le haut de gamme va devenir encore plus inaccessible.
Le vrai problème. Si la RAM et le processeur laissent déjà de côté de nombreux téléphones portables, les exigences logicielles sont encore pires. C’est là que Google fait la vraie différence puisque, pour faire fonctionner Gemini Intelligence, la compatibilité avec Gemini Nano V3, le modèle de langue locale pour les téléphones mobiles, est nécessaire. Si l’on regarde la liste de compatibilité actuelle, ce n’est plus qu’elle concerne les téléphones bon marché, c’est qu’elle laisse également de côté des téléphones comme le Samsung Galaxy Z Fold7 qui a été lancé à l’été 2025 et coûte 2 109 euros, ou le Xiaomi 17 Ultra qui vient d’être lancé pour près de 1 500 euros.
Il n’est pas clair que la liste soit définitive, car il est possible qu’il y ait des changements car ils permettent de la mettre à jour ultérieurement, mais pour l’instant les perspectives sont sombres :

La liste des appareils compatibles avec Gemini Nano v2 et Gemini Nano v3. Image : Simseomovil
Il y en a encore plus. Les exigences logicielles ne s’arrêtent pas là. Google a également posé plusieurs conditions supplémentaires pour qu’un appareil dispose de Gemini Intelligence. L’appareil doit recevoir au moins cinq ans de mises à jour du système d’exploitation et six ans de correctifs de sécurité, en plus de répondre à une série d’exigences de qualité concernant la stabilité, le taux de panne et le multimédia, entre autres.
Le privilège de l’IA. « Le meilleur de Gemini dans nos appareils les plus avancés » est la phrase que l’on retrouve sur le site officiel de Gemini Intelligence, c’est pourquoi Google nous prévient déjà dès le début. Nous sommes habitués à ce que des mises à jour ou des fonctions plus avancées atteignent les téléphones les plus chers, mais avec l’IA, nous voyons la barre encore plus haute. De plus, ce n’est pas une fonction spécifique comme l’était ARCore, nous parlons de l’axe central de la proposition, une nouvelle façon d’interagir avec le mobile que seul un petit pourcentage d’utilisateurs pourra tester, y compris ceux qui possèdent un Google Pixel.
Image de couverture | Google
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