Exportations entre l'Italie et l'Inde, Urso : doublées en trois ans
New Delhi : au cœur de l'AI Impact Summit 2026, l'Italie relance sa présence économique et technologique en Inde : grâce à un accord de libre-échange entre l'Union européenne et l'Inde et des collaborations en intelligence artificielle, les entreprises italiennes envisagent un potentiel doublement de leurs exportations dans les années à venir.
Le moment de l'Inde pour le Made in Italy
« C'est le moment de l'Inde pour les entreprises italiennes », a déclaré le ministre du Commerce et du Made in Italy, Adolfo Urso, s'exprimant au pavillon italien du AI Impact Summit 2026 à New Delhi. Bien que 2025 ait été une année difficile pour le commerce mondial, les exportations italiennes vers l’Inde ont augmenté d’environ 10 % par rapport à l’année précédente, grâce à la demande croissante de biens et services technologiques italiens.
Urso a souligné que l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et l'Inde – formellement signé fin janvier 2026 – offre une base concrète pour doubler les exportations italiennes au cours des trois prochaines années, grâce à la réduction drastique des droits de douane et à l'élimination de nombreuses barrières non tarifaires.
Excellence italienne en technologie et IA
L’AI Impact Summit 2026 est plus qu’un simple événement commercial : c’est une vitrine mondiale de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes. Le sommet, organisé à New Delhi du 16 au 20 février 2026 sous l'égide de la mission IndiaAI, attire des délégations de plus d'une centaine de pays et des représentants d'institutions internationales, d'entreprises technologiques et d'instituts de recherche.
À l'intérieur du Pavillon italien, de nombreuses entreprises italiennes – du groupe Sparkle pour la connectivité avancée aux leaders technologiques Almaviva et Harmonic Innovation Group – ont présenté des solutions numériques et des projets innovants. Stellantis a également renforcé ses relations avec la Fondation AI4I pour promouvoir le développement de l'IA dans l'industrie.
La forte participation italienne démontre la capacité des entreprises de notre pays à être compétitives dans des secteurs à haute valeur technologique et à créer des partenariats stratégiques avec l'écosystème indien, parmi les plus dynamiques au monde.
Un accord historique pour relancer le commerce
Le nouvel accord de libre-échange (ALE) entre l'Inde et l'Union européenne représente une étape importante dans les relations économiques entre Delhi et Bruxelles. Après près de deux décennies de négociations, l’accord a été annoncé le 27 janvier 2026 et devrait entrer en vigueur avant la fin de l’année, suite au processus de ratification.
Selon des analyses journalistiques, cet accord pourrait éliminer ou réduire les droits de douane sur plus de 96 % des biens échangés entre l'UE et l'Inde, y compris des secteurs stratégiques comme la mécanique, l'automobile, l'alimentation et les produits de luxe.
Les dirigeants européens qui se sont exprimés lors du sommet, dont le Premier ministre finlandais, ont décrit l'accord comme un signe de confiance dans le libre-échange et la coopération internationale, fondamentaux dans un contexte de tensions commerciales mondiales.

Innovation, startups et coopération mondiale
Aux côtés de grands groupes industriels, des startups italiennes dans les domaines de la santé numérique, du commerce électronique, de l'Internet des objets et de la blockchain participent activement au Sommet, confirmant une présence qualifiée sur le marché indien.
Une attention particulière a été consacrée au AI Hub for Sustainable Development, promu par le ministère italien lors de la présidence du G7 pour soutenir l'adoption de l'IA dans les pays en développement.
Urso a visité le centre, réitérant l'engagement de l'Italie à construire des partenariats industriels et technologiques mondiaux, qui incluent des projets de durabilité et de coopération en Afrique dans le cadre du Plan Mattei.
Par ailleurs, un accord trilatéral a été signé entre l'Italie, l'Inde et le Kenya pour développer des projets basés sur l'intelligence artificielle sur le continent africain, contribuant ainsi à la diffusion des infrastructures et des compétences numériques.
Opportunités pour le système national
L'accord commercial avec l'Inde et la participation au AI Impact Summit marquent un tournant dans les relations économiques et technologiques entre l'Italie et l'Asie. Avec un marché de plus d'un milliard de consommateurs et une croissance rapide des technologies numériques, l'Inde représente un partenaire stratégique pour les entreprises italiennes à la recherche de nouveaux espaces de développement.
Le nouveau cadre de libre-échange pourrait également faciliter l’accès à des marchés à fort potentiel et renforcer la compétitivité de notre excellence industrielle à l’échelle mondiale.
Voici la refonte journalistique, intégrée à l'article précédent sur Urso et le rôle de l'Italie au AI Impact Summit.
De Macron à Altman : positions mondiales sur la gouvernance de l’IA
Si pour l’Italie l’AI Impact Summit représente une opportunité de relance économique et industrielle, au niveau international le sommet de New Delhi s’annonce comme un banc d’essai pour la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.
Les dirigeants politiques et les PDG des plus grandes entreprises technologiques mondiales s’accordent sur un point : l’IA doit être réglementée. Mais les positions restent éloignées sur la manière d’y parvenir.
Après les tensions apparues au sommet de Paris l’année dernière, les divisions entre l’approche européenne, la vision américaine et la stratégie asiatique sont également évidentes en Inde.
Macron : sécurité et « IA souveraine »
Le président français Emmanuel Macron a placé la protection des mineurs et la sécurité numérique au centre du débat. Il a appelé à une plus grande protection contre les abus en ligne, citant des cas de deepfakes sexualisés générés sans consentement via des chatbots avancés.
Macron a rejeté les accusations de réglementation européenne excessive, arguant que l'Europe n'est pas « obsessionnellement centrée sur les règles » mais vise à être à la fois un espace d'innovation et un espace sûr.
Il a également relancé le concept d'« IA souveraine », partagé avec l'Inde : une intelligence artificielle développée et gouvernée pour protéger les valeurs démocratiques, l'environnement et une croissance économique inclusive, en évitant les concentrations de pouvoir entre les mains de quelques grandes entreprises technologiques.
Modi : l'IA comme bien commun mondial
Le Premier ministre indien Narendra Modi a adopté un ton plus philosophique et inclusif. Invoquant la tradition culturelle du pays, il a déclaré qu'une bonne action découle d'une bonne compréhension et qu'une feuille de route commune est nécessaire pour mesurer le véritable impact de l'IA.
Pour Modi, l’IA doit être considérée comme une ressource partagée au bénéfice de toute l’humanité.
L’objectif affiché est de construire un avenir dans lequel l’innovation, l’inclusion et les valeurs humaines progressent ensemble, dans une ère de co-création entre les humains et les systèmes intelligents.
La position indienne se situe ainsi entre ouverture technologique et responsabilité mondiale, en cohérence avec le rôle croissant du pays en tant que hub numérique mondial.
Altman : démocratisation et règles urgentes
Sam Altman, PDG d'OpenAI, a souligné l'urgence d'une réglementation internationale de l'IA.
Selon Altman, la démocratisation de l’intelligence artificielle est le meilleur moyen d’assurer la prospérité de l’humanité. Il a toutefois averti que la concentration de la technologie dans une seule entreprise ou dans un seul pays pourrait générer de dangereux déséquilibres.
Tout en étant favorable à un accès généralisé, Altman a reconnu la nécessité de protections rapides et claires, similaires à ce qui s'est produit dans le passé avec d'autres technologies transformatrices.
Amodei : entre opportunités extraordinaires et risques systémiques
Le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, est plus prudent et décrit l'IA comme une technologie en croissance exponentielle depuis une décennie.
Il a évoqué un scénario dans lequel des systèmes capables de surpasser les capacités humaines dans de nombreux domaines pourraient émerger d’ici quelques années, parlant d’un « pays de génies dans un centre de données » : des agents artificiels hautement coordonnés et plus rapides que la pensée humaine.
Amodei a souligné le double visage de l'IA : d'une part la possibilité de guérir les maladies et de réduire la pauvreté, de l'autre les risques concrets tels qu'une utilisation inappropriée, l'instabilité économique et la perte d'emplois.
Dans ce contexte, il a souligné que l'Inde occupe une position centrale tant dans les opportunités que dans les défis de la transformation technologique.
L'absence de Bill Gates
Attendu comme conférencier principal, Bill Gates a annulé sa venue quelques heures avant l'événement.
La Fondation Gates a parlé d'une décision prise après « un examen attentif », sans fournir de détails. Le retrait intervient à un moment délicat, marqué par des révélations sur ses relations passées avec Jeffrey Epstein.
Un sommet entre coopération et compétition
Le sommet de New Delhi confirme combien l’intelligence artificielle est désormais un domaine de compétition stratégique mondiale, mais aussi un espace dans lequel on tente de construire une gouvernance partagée.
Entre la vision européenne orientée vers la régulation, l’approche américaine axée sur l’innovation et l’ouverture des marchés, et la stratégie indienne qui vise l’inclusion et le leadership technologique, la comparaison reste ouverte.
Si pour l'Italie – comme l'a déclaré le ministre Urso – l'Inde représente une nouvelle frontière économique et industrielle, sur le plan géopolitique, le sommet marque une étape importante : le défi n'est plus seulement de développer l'IA, mais de décider qui la gouverne et selon quelles règles.
