Avoir nos propres puces IA est la dernière grande obsession des grandes entreprises technologiques. Anthropique ne sera pas moins

Avoir nos propres puces IA est la dernière grande obsession des grandes entreprises technologiques. Anthropique ne sera pas moins

Anthropic a confirmé mettre en place une équipe interne pour concevoir ses propres puces d’intelligence artificielle. La société en a fait part à plusieurs médias après plusieurs mois de spéculations autour de la question. Ci-dessous ces lignes, nous vous expliquons tous les détails.

Pourquoi c’est important. Anthropic connaît un moment de grande croissance grâce à Claude, son chatbot IA, et ce succès s’accompagne également d’un problème croissant : la pénurie de puces nécessaires pour entraîner et faire fonctionner des modèles de plus en plus puissants, un besoin qui a mis sous contrôle toute la chaîne d’approvisionnement technologique.

Pour Anthropic, le fait de s’appuyer exclusivement sur des fournisseurs tiers limite la capacité et la manière dont l’entreprise peut évoluer. Avoir votre propre matériel vous permettrait d’ajuster la puce aux besoins exacts de vos modèles.

En détails. Selon Business Insider, à travers une offre d’emploi, Anthropic recherche des ingénieurs pour une « équipe silicium personnalisée », avec des profils spécialisés dans la conception et la vérification de semi-conducteurs. Le poste d’ingénieur offre un salaire annuel compris entre 320 000 et 485 000 dollars, et l’offre elle-même exige que les candidats aient démontré « une contribution personnelle directe » au développement et au lancement final de puces déjà fabriquées.

Un porte-parole de l’entreprise a confirmé au point de vente que l’objectif est de co-concevoir du matériel et des modèles ensemble, afin que Claude travaille « plus rapidement et plus efficacement à l’échelle dont nos clients ont besoin ».

Entre les lignes. Anthropic a insisté sur le fait que cette décision ne signifiait pas rompre avec ses partenaires actuels. Comme l’entreprise elle-même l’a expliqué à Reuters, elle continuera à appliquer une « approche multi-puces », combinant son futur silicium propriétaire avec du matériel d’Amazon Web Services, Google, Nvidia et AMD. En fait, même Anthropic elle-même n’a pas encore donné de calendrier précis ni précisé si elle fabriquerait les puces elle-même ou ferait appel à un partenaire externe pour la production.

Ce que nous savions déjà. Reuters avait déjà rapporté en avril qu’Anthropic envisageait de développer ses propres puces, et quelques semaines plus tard, The Information a rapporté que la société était en pourparlers avec Samsung en tant que partenaire de fabrication potentiel. Il semble qu’Anthropic ait appuyé sur l’accélérateur autour de cette idée, notamment après la présentation de Jalapeño, la puce d’inférence OpenAI développée en collaboration avec Broadcom.

Elle n’est pas la seule. Anthropic rejoint ainsi une liste de plus en plus longue d’entreprises d’IA qui ont décidé de ne plus dépendre entièrement de Nvidia. OpenAI a déjà présenté sa puce Jalapeño en juin, Google fait tourner ses modèles sur ses propres TPU depuis des années et Meta a développé ses accélérateurs MTIA pour ses centres de données. Cela ne signifie pas (du moins pour l’instant) qu’ils cesseront de dépendre entièrement de Nvidia, puisque le géant de la technologie continue d’être maître dans son métier de développement de puces pour l’IA et les centres de données, mais c’est un bon moyen de diversifier son activité et de cesser de dépendre exclusivement de fournisseurs externes.

Comme le souligne Ars Technica, même Mistral, la start-up française d’IA, envisagerait de suivre la même voie. La conception d’une puce avancée n’est pas bon marché, car Reuters estime que l’ensemble du processus peut coûter environ 500 millions de dollars, y compris le développement, les talents spécialisés et la garantie d’une fabrication sans erreur.

Quant à Anthropic, ils sont encore en phase de recrutement, il faudra donc du temps avant que cette équipe silicium ne porte ses premiers fruits. Il faudra attendre pour savoir comment la pièce finira par se concrétiser.

Image de couverture | Généré par l’IA avec Gemini et Wikimedia

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