La Chine vient de regrouper 100 000 accélérateurs nationaux au sein d’un supercluster. Le défi est désormais pour eux de travailler ensemble efficacement.

La Chine vient de regrouper 100 000 accélérateurs nationaux au sein d’un supercluster. Le défi est désormais pour eux de travailler ensemble efficacement.

La Chine a lancé Dawning 8000 à Zhengzhou, un supercluster d’intelligence artificielle qui, selon Sugon, peut intégrer 100 000 cartes de calcul développées dans le pays. L’entreprise le présente comme le premier système chinois de cette taille construit autour d’une infrastructure nationale, depuis les puces et le réseau jusqu’au stockage et au refroidissement. Sugon assure que le projet est déjà connecté au réseau national de calcul intensif, même s’il n’a pas encore publié ses spécifications techniques complètes.

L’échelle ne suffit pas. La taille de l’installation n’implique pas en soi une augmentation équivalente de la capacité de calcul. Pour les charges qui visent à exploiter des milliers de processeurs, le travail doit être fractionné, synchronisé et recomposé sans que la communication entre les nœuds ne finisse par consommer une partie disproportionnée du temps. À mesure que la pile grandit, les points de défaillance, la complexité logicielle et les exigences en matière de réseau et de stockage augmentent également. Le véritable défi commence lorsque ces cartes doivent se comporter comme une seule machine.

Le saut en attente. Sugon affirme que le nœud central a déjà été optimisé pour plus de 300 applications dans une vingtaine de domaines, parmi lesquels le grand modèle, la robotique, l’automobile, l’industrie pharmaceutique et la météo. La société ajoute que plus de 70 applications ont été déployées à l’échelle de 10 000 cartes. Ce sont des données pertinentes pour évaluer la maturité de la plateforme, même si les informations publiées ne détaillent pas un chargement public exécuté simultanément avec les 100 000 unités.

L’autonomie sous pression. Le pari de Zhengzhou ne peut être dissocié de la pression à laquelle est confrontée l’industrie technologique chinoise. Les États-Unis ont inscrit Sugon sur leur liste d’entités en 2019 et ont depuis étendu les restrictions sur les semi-conducteurs avancés et les équipements liés au calcul haute performance. Dans ce scénario, la construction d’une infrastructure basée sur la technologie nationale a une valeur qui va au-delà de la puissance obtenue. Le projet s’inscrit dans les efforts de la Chine visant à accroître sa propre capacité et à réduire sa dépendance à la chaîne d’approvisionnement.

Le chiffre ne suffit pas. Cent mille accélérateurs chinois n’équivalent pas automatiquement cent mille GPU Nvidia comparables. Le déploiement ne nous permet pas non plus d’affirmer que la Chine a abandonné sa dépendance à l’égard du matériel occidental pour alimenter son infrastructure d’intelligence artificielle. Cela démontre, selon Sugon, que le pays peut désormais construire ses propres systèmes à une échelle de plus en plus grande. Il ne s’agit pas d’une autonomie complète, mais c’est une étape supplémentaire vers une moindre dépendance à l’égard des fournisseurs étrangers.

Images | Sugon

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