Anthropic est sur le point de réaliser quelque chose qui semblait impossible pour une grande entreprise d'IA : gagner de l'argent

Anthropic est sur le point de réaliser quelque chose qui semblait impossible pour une grande entreprise d’IA : gagner de l’argent

Dans une fuite de données publiée par le Wall Street Journal, le laboratoire d’intelligence artificielle fondé par les frères Amodei a informé ses investisseurs qu’il clôturerait le deuxième trimestre 2026 avec des revenus 130% supérieurs à ceux du premier trimestre de l’année. Il s’agit d’une réalisation colossale qui permet également d’obtenir quelque chose d’inhabituel pour ces entreprises : elles réaliseront un bénéfice d’exploitation de 559 millions de dollars.

Ils gagnent plus qu’ils ne dépensent. Selon ces données, l’entreprise atteindra 10,9 milliards de dollars, contre 4,8 milliards de dollars au premier trimestre. Son taux de croissance trimestriel dépasse déjà Zoom pendant la pandémie ou ceux qu’avaient Google et Facebook avant leurs hausses boursières. C’est une véritable bouffée d’air frais pour une industrie accusée d’être une gigantesque bulle.

Les rivaux, fatals. Si Anthropic réserve la grande surprise, le reste des concurrents est toujours dans une bonne situation financière. Par exemple, OpenAI a avoué à ses investisseurs qu’elle ne s’attend pas à réaliser des bénéfices avant 2030. Cela n’a pas non plus fonctionné pour xAI, qui a enregistré des pertes de 6,5 milliards dues aux investissements dans les centres de données.

Comment y sont-ils parvenus ? Pour atteindre cette étape, Anthropic a différencié sa stratégie dès le début. Elle s’est concentrée principalement sur les entreprises qui paient pour l’usage intensif de ses outils agentiques (Claude Code) et de ses API (Claude Opus/Sonnet 4.7). Il utilise également des puces de fabricants tels que Google et Amazon, et a réussi à optimiser ses dépenses dans le cloud. Elle est donc plus concentrée et efficace que ses concurrents, ce qui a un impact évident sur son bilan.

Le mythe comme réussite de réputation. Ces derniers mois, Anthropic a mené plusieurs batailles politiques et médiatiques et semble en être sorti vainqueur. Rejeter la tentative du Pentagone de contrôler la manière dont ses modèles d’IA étaient utilisés a clairement renforcé cette image de marque. Mais aussi le lancement de son modèle Mythos a été particulièrement frappant car même s’il n’est pas accessible au public, il ne cesse de faire la une des journaux qui semblent confirmer que ce qu’Anthropic a dit (« c’est tellement bien qu’il vaut mieux ne pas le publier ») était vrai.

Mais. Même si les chiffres sont prometteurs, ces estimations comportent des nuances. N’étant pas une entreprise publique, Anthropic utilise des méthodes comptables qui lui sont bénéfiques dans cette prévision. Par exemple, il inclut comme revenus directs les ventes de ses modèles via ses partenaires, comme AWS ou Google Cloud, ce que ne fait pas OpenAI. De plus, elle exclut la rémunération en actions de ses salariés et ces résultats ne garantissent pas que cette rentabilité sera maintenue tout au long de l’année.

Nous verrons plus de quartiers en rouge. Le bénéfice réalisé serait extraordinaire pour de nombreuses entreprises, mais il s’agit d’une monnaie de poche pour Anhtropic. La société s’est récemment engagée à dépenser 15 milliards de dollars pour la capacité informatique de SpaceX à l’aide des clusters Colossus. Pour le moment, tout indique que ces avantages seront temporaires et que l’entreprise reviendra aux chiffres rouges. Et pourtant, son évolution est actuellement plus positive que celle d’OpenAI, contre laquelle elle ne cesse de gagner des batailles depuis quelques temps.

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