L'Union européenne a jeté un coup d'œil à l'assistant IA d'Android et ne l'a pas aimé du tout, mais rien, ce qu'elle a vu

L’Union européenne a jeté un coup d’œil à l’assistant IA d’Android et ne l’a pas aimé du tout, mais rien, ce qu’elle a vu

La Commission européenne a publié ses conclusions préliminaires sur la manière dont Google gère l’intelligence artificielle sur Android. Selon l’organisation, le système d’exploitation favorise Gemini par rapport au reste de ses concurrents, c’est pourquoi il oblige l’entreprise à appliquer des mesures pour promouvoir l’interopérabilité entre les autres alternatives d’IA de son écosystème. Comme on pouvait s’y attendre, Google, pour sa part, n’est pas disposé à l’accepter sans combat.

Un autre chapitre de la loi sur les marchés numériques. C’est cette loi (DMA) qui oblige les grandes entreprises technologiques considérées comme des « gatekeepers » (dont Alphabet) à garantir des conditions de concurrence équitables sur leurs plateformes. Google est soumis à cette législation depuis mars 2024 et a dû introduire des changements en Europe, comme afficher des écrans pour que l’utilisateur puisse choisir d’autres moteurs de recherche que Google sur Android, ou autoriser des méthodes de paiement alternatives dans sa boutique d’applications.

Aujourd’hui, l’Europe frappe à nouveau à la porte, cette fois à propos de questions sur l’IA de Google, et c’est le prochain chapitre de cette lutte acharnée entre la réglementation et les entreprises privées.

Les Gémeaux gouvernent Android. Lorsque vous allumez un mobile Android avec les services Google, Gemini est déjà là, intégré au niveau du système. Il peut être activé par la voix, accéder au contexte de l’écran, interagir avec d’autres applications et générer des suggestions proactives basées sur votre activité. Des applications comme ChatGPT ou l’assistant de Claude peuvent être installées, mais elles n’ont pas le même niveau d’accès.

La Commission européenne souligne des cas spécifiques où Gemini est le seul moyen disponible : envoyer un e-mail depuis l’application de messagerie par défaut, commander de la nourriture à la maison ou partager une photo avec des contacts. Selon Bruxelles, cela ne constitue pas une concurrence loyale.

Ce que propose l’UE. Les mesures préliminaires publiées lundi dernier vont dans plusieurs directions. Les services d’IA tiers doivent pouvoir être activés à l’aide de mots d’activation personnalisés ou de boutons physiques sur l’appareil. Ils devraient également pouvoir accéder au contexte de l’écran lorsque l’utilisateur les ouvre et interroger les données de l’appareil local pour fournir des suggestions et des résumés, ce que seul Gemini fait désormais.

En outre, la Commission propose que d’autres IA puissent contrôler les applications de manière autonome, comme Gemini commence déjà à le faire (même si le résultat laisse encore à désirer dans certains cas) et que les développeurs externes aient accès au matériel nécessaire pour faire fonctionner des modèles locaux avec des performances comparables.

Enfin, Google pourrait être contraint de créer de nouvelles API et de fournir une assistance technique à d’autres développeurs d’IA souhaitant s’intégrer à Android, le tout sans frais pour les tiers.

La réponse de Google. L’entreprise n’a pas tardé à réagir. Clare Kelly, conseillère principale en matière de concurrence, a décrit la proposition comme une « intrusion injustifiée » qui « forcerait l’octroi d’autorisations d’accès à du matériel et des appareils sensibles, augmentant inutilement les coûts et compromettant les protections essentielles de la vie privée et de la sécurité des utilisateurs européens ». Google défend qu’Android est déjà un écosystème ouvert et que les fabricants d’appareils disposent d’une totale autonomie pour personnaliser les services d’IA qu’ils proposent à leurs utilisateurs.

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Qu’est-ce qui vient maintenant. Le processus n’est pas terminé. La Commission ouvre une consultation publique jusqu’au 13 mai, après quoi elle examinera les commentaires reçus (y compris de Google) avant de rendre une décision d’ici le 27 juillet. Si Google ne respecte pas les mesures ou si un accord n’est pas trouvé, l’entreprise s’expose à des amendes pouvant aller jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires annuel global.

Comme l’explique Ars Technica, même si Google n’aurait pas à ouvrir ses systèmes soudainement, la mise en œuvre de ces changements prendrait du temps et le faire dans la précipitation pourrait créer des risques de sécurité. En outre, comme c’est souvent le cas dans les décisions du DMA, les changements qui pourraient finalement intervenir seraient, du moins en principe, limités au marché européen.

Image de couverture | José García et François Genon

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