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Prédictions du Gartner : l'avenir des données et de l'IA dans les entreprises 2030

Gartner a publié les principales prévisions pour l'avenir des données et analyses (D&A) à partir de 2026, décrivant un scénario dans lequel l'intelligence artificielle aura un impact de plus en plus profond sur le leadership, la gouvernance, les compétences professionnelles et la dynamique du marché.

Selon l'analyste Rita Sallam, éminente vice-présidente analyste chez Gartner, le rythme de l'innovation s'accélère à tel point que chaque année semble ouvrir un nouveau chapitre dans un roman de science-fiction.

Dans un avenir proche, les frontières entre intelligence humaine, intelligence artificielle et intelligence organisationnelle deviendront de plus en plus floues. Les entreprises utiliseront les données de manière sans précédent, et les systèmes d’IA ne se contenteront plus de soutenir les personnes, mais travailleront avec elles comme de véritables partenaires.


Le travail va changer : compétences en IA dans les processus de recrutement

D’ici 2027, 75 % des processus de sélection comprendront des certifications et des tests visant à vérifier les compétences des candidats dans l’utilisation de l’IA au travail.

Cette transformation découle de la rapidité avec laquelle l’intelligence artificielle évolue. Les entreprises qui ne mettent pas à jour leurs stratégies de gestion des talents risquent de se laisser distancer par leurs concurrents capables de tirer efficacement parti de la collaboration entre les personnes et les systèmes intelligents.

Pour cette raison, selon Gartner, les responsables des données et de l'analyse devraient adopter des méthodes rigoureuses et basées sur les données pour mesurer les compétences, en identifiant les lacunes qui pourraient entraver l'adoption de l'IA dans les organisations.


Nouvelle concurrence sur le marché des outils de productivité

L’utilisation de GenAI et d’agents d’IA pourrait générer d’ici 2027 le premier véritable défi aux outils de productivité les plus répandus des trente dernières années, provoquant une perturbation du marché estimée à 58 milliards de dollars.

La création de contenu est déjà en train de changer radicalement : au lieu de partir d’une page blanche, les systèmes d’IA générative analysent d’énormes quantités de données et produisent des résumés, des brouillons et des variantes de contenu. La phase de révision est également transformée, l’IA réécrivant continuellement le texte à la place de l’auteur.

En conséquence, les entreprises devront adopter de nouveaux outils et interfaces conçus pour l’ère de l’IA, avec des plug-ins, des formats et des méthodes de travail conçus pour interagir avec des agents intelligents.


Les agents IA produiront d’énormes quantités de données

L’une des prédictions les plus surprenantes concerne la quantité de données qui seront générées par les agents intelligents du monde physique.

D’ici 2029, les agents IA produiront dix fois plus de données à partir d’environnements physiques que toutes les applications numériques basées sur l’IA réunies.

Ces systèmes interagiront avec l'environnement réel en générant des données de trajectoire et de comportement dans des scénarios complexes, souvent avec plusieurs agents opérant simultanément. Cela permettra aux « modèles mondiaux » d’apprendre des modèles et de développer des simulations et des prédictions de plus en plus précises.


Gouvernance automatisée et nouveaux risques

Selon Gartner, d’ici 2030, la moitié des organisations utiliseront des agents d’IA autonomes pour traduire les politiques de gouvernance et les normes techniques en contrats de données automatiquement auditables, automatisant ainsi les contrôles et la conformité réglementaire.

Cependant, la diffusion de ces systèmes entraînera également de nouveaux problèmes critiques. Également d’ici 2030, 50 % des échecs des projets d’agents d’IA seront causés par des plateformes de gouvernance insuffisantes ou par des problèmes d’interopérabilité entre les systèmes.

À court terme, des décisions non gouvernées basées sur des modèles linguistiques avancés pourraient entraîner des pertes financières ou une atteinte à la réputation de nombreuses entreprises.


Startups IA et nouveaux modèles de croissance

D’ici 2030, une nouvelle génération de startups « licornes » pourrait émerger avec des valorisations supérieures au milliard de dollars, caractérisées par un modèle économique très différent du passé.

Ces entreprises pourraient atteindre 2 millions de dollars de revenus annuels récurrents par employé, grâce à une efficacité élevée du capital et à l’utilisation intensive de l’intelligence artificielle dans les processus métiers.

En effet, les startups natives de l’IA démontrent qu’il est possible de se développer rapidement en se concentrant sur des problèmes spécifiques, en intégrant l’IA dans les workflows et en proposant des interfaces simples et intuitives qui encouragent l’adoption par les utilisateurs.


La valeur des compétences relationnelles humaines

Malgré une automatisation croissante, les compétences humaines resteront essentielles.

Selon Gartner, d’ici 2030, 60 % des organisations qui réussiront grâce à l’IA seront dirigées par des dirigeants qui privilégieront le leadership humain et les compétences générales.

Dans ce contexte, les Chief Data and Analytics Officers gagnent en influence et peuvent assumer des rôles de plus en plus centraux au sein de la haute direction, y compris le poste de CEO.


L’infrastructure sémantique devient stratégique

Un autre élément appelé à devenir essentiel est la couche sémantique universelle, c’est-à-dire un niveau d’interprétation des données partagé entre différents systèmes.

D’ici 2030, cette couche sera considérée comme une infrastructure critique, au même titre que les plateformes de données et la cybersécurité. Cela permettra d’améliorer la précision des modèles d’IA, de réduire les coûts, de limiter ce que l’on appelle la « dette de l’IA » et de coordonner les systèmes multi-agents.

Pour les gestionnaires de données, investir dans les capacités sémantiques deviendra donc une évidence.


La gestion des risques évolue vers l’ingénierie de l’IA

Enfin, la moitié des postes liés au risque de contenu passeront des services juridiques et de cybersécurité aux équipes d’ingénierie en IA d’ici 2028.

La gestion des risques sera de plus en plus intégrée directement dans les processus de développement de logiciels, de science des données et d’IA. Les systèmes devront être conçus dès le départ avec des contrôles intégrés, capables de générer et de gérer du contenu de manière responsable et conforme aux réglementations.

Cette approche permettra aux entreprises d’innover plus rapidement, tout en maintenant des normes éthiques et juridiques élevées.