Logistique : valée 50 milliards dans le Nord-Ouest, l'IA accélère la transformation du secteur
Le Nord-Ouest s'affirme comme le centre de gravité de la logistique italienne. La zone, qui génère 33% du PIB national et 38% des exportations, représente 44% du chiffre d'affaires de la logistique pour compte de tiers, avec une valeur qui en 2025 s'élevait à environ 50 milliards d'euros.
Après l’expansion au cours de la période biennale 2021-2022 et la baisse en 2023 liée à la baisse des tarifs des transports internationaux, le marché a renoué avec une croissance modérée. Globalement, la logistique représente environ 9 % du PIB national. Ces données sont contenues dans l'Observatoire de la Logistique Contractuelle « Gino Marchet », Polytechnique de Milan (www.observatori.net).

La logistique devient un levier stratégique
La perception du secteur a profondément changé. Dans le Nord-Ouest, 93 % des entreprises clientes considèrent la logistique comme stratégique ou pertinente pour l'entreprise : 61 % la définissent comme une activité stratégique à fort impact, 32 % comme pertinente.
L'externalisation est également en croissance : 71 % des entreprises externalisent les activités logistiques traditionnelles, tandis que 12 % étendent la collaboration à des activités à plus forte valeur ajoutée. La flexibilité (46%), l'optimisation du rapport coût/service (36%) et la réduction des risques (22%) sont les principaux bénéfices reconnus aux fournisseurs.
L'IA, de l'expérimentation au levier opérationnel
L’élément le plus perturbateur de la transformation est l’intelligence artificielle (IA).
Aujourd'hui, 30 % des entreprises du Nord-Ouest ont adopté des solutions d'IA dans la logistique et la chaîne d'approvisionnement. Parmi ceux-ci, 81% déclarent des bénéfices concrets, notamment dans l'amélioration de la qualité des processus et du niveau de service.
L'adoption est répartie entre :
- 25 % axés sur des processus individuels,
- 15% sur les activités transversales,
- 13% sur les deux dimensions.
Selon Marco Melacini, directeur scientifique de l'Observatoire, l'IA sort de la phase expérimentale pour devenir un outil opérationnel. Le défi n’est pas seulement technologique : des données de qualité, des compétences adéquates et une intégration dans les modèles organisationnels sont nécessaires.


IA : amélioration plutôt que remplacement
Les données montrent que l’IA est principalement utilisée pour améliorer le travail humain, et non pour le remplacer.
Seules 11 % des entreprises ont mis en place des solutions visant à automatiser des tâches simples et répétitives en remplaçant les opérateurs. La plus grande part (24 %) vise plutôt à renforcer les capacités décisionnelles et opérationnelles des personnes. Au cours des trois prochaines années, ce pourcentage devrait atteindre 34 %, contre 15 % destinés au remplacement.
Un signal clair : l’IA dans la logistique est configurée comme une technologie générique, capable d’augmenter l’efficacité, la résilience et la qualité de service.
Innovation et durabilité : deux moteurs de développement
Aux côtés de la numérisation, la durabilité représente l’autre grand moteur de transformation. 20% des entreprises considèrent la transition verte comme une priorité stratégique, avec des interventions qui concernent les transports, les entrepôts et l'emballage.
Dans l'immobilier logistique, les investissements se concentrent sur l'éclairage, les systèmes et la gestion des matériaux, tandis que le développement des infrastructures de mobilité durable au sein des sites se développe.
Un secteur clé pour la résilience industrielle
« Dans un contexte de forte incertitude, la logistique est un levier central de continuité opérationnelle et de flexibilité », souligne Paolo Giacobbe de l'Observatoire. Non plus une fonction support, mais une infrastructure stratégique pour la résilience des supply chains.
Dans le Nord-Ouest, où est concentrée près de la moitié du chiffre d’affaires national du secteur, la transformation passe de plus en plus par l’IA, les compétences et la collaboration dans la chaîne d’approvisionnement. La logistique s'affirme ainsi comme l'un des pôles décisifs pour la compétitivité du système productif italien.
