Leur plus grand défi est désormais de convaincre Pékin de les laisser les utiliser.
La Chine vit une situation inattendue en pleine course à l'intelligence artificielle : les grandes entreprises technologiques du pays veulent accéder à la puce H200 de NVIDIA, mais cette fois, ce n'est pas Washington qui donne le ton, mais Pékin. Le gouvernement américain a ouvert la porte à leurs exportations sous des conditions claires, même si l'autorisation définitive dépend désormais de la Chine, qui durcit depuis des mois sa politique à l'égard des semi-conducteurs étrangers. Alibaba et ByteDance évoluent dans cet équilibre délicat, conscients que leur capacité à progresser dans l’IA dans un avenir immédiat dépendra de ce que décidera leur propre régulateur.
Deux géants aux besoins énormes : Alibaba et ByteDance ne sont pas de simples entreprises technologiques, mais deux des entreprises ayant la plus grande demande de capacité de calcul en Chine. Alibaba dispose d'un réseau de commerce électronique et de services cloud qui centralisent une bonne partie des achats et des ventes via Taobao, Tmall ou AliExpress, tant en Chine qu'à l'étranger. ByteDance exploite TikTok et sa version chinoise, Douyin, ainsi que Doubao, son propre chatbot IA. Cette combinaison de plates-formes aux charges massives fait de chaque saut de puissance plus qu'une simple amélioration technique : elle conditionne leur capacité à suivre le rythme du secteur.
Le changement de cap à Washington : le 8 décembre, le président Donald Trump a annoncé que les États-Unis autoriseraient l’exportation du H200 vers des « clients agréés » en Chine, une décision qui marquait un tournant par rapport aux restrictions précédentes. L'accord prévoit que le gouvernement américain reçoive 25 % des revenus de ces ventes, au-dessus des 15 % appliqués au H20. La Maison Blanche a présenté cette décision comme une formule visant à renforcer la fabrication nationale et à maintenir des emplois hautement qualifiés, tout en maintenant un contrôle direct sur le flux de puces vers la Chine.
Où se situe le H200 dans la gamme NVIDIA : Le H200 appartient à l'architecture Hopper, présentée en 2022, et occupe une position intermédiaire entre les générations déjà implantées sur le marché et la nouvelle gamme Blackwell, qui est aujourd'hui la priorité de NVIDIA. Les serveurs basés sur Blackwell peuvent décupler les performances sur certains modèles par rapport aux systèmes utilisant le H200, selon des données récentes de l'entreprise. Le H200 reste néanmoins un produit pertinent pour la formation avancée, en particulier sur les marchés où l'accès au matériel plus récent est restreint par des contrôles à l'exportation ou une capacité d'approvisionnement limitée.

Nvidia H200
Pourquoi le H200 fait une telle différence : La distance entre le H200 et le H20 est toujours notable. Selon l'Institute for Progress, le H200 atteint un débit total de 15 840 TPP, soit près de six fois plus que les 2 368 TPP du H20. Par rapport aux puces nationales les plus avancées, l’écart persiste. Le Huawei Ascend 910C atteint 12 032 TPP et offre une bande passante mémoire de 3,2 To/s, tandis que le H200 atteint 4,8 To/s. Cette combinaison de puissance et de vitesse explique pourquoi cette puce est si convoitée pour la formation de modèles à grande échelle.
Alibaba et ByteDance ont fait part à NVIDIA de leur volonté d'acquérir de gros lots de H200 s'ils reçoivent l'approbation de Pékin, selon des informations partagées avec Reuters par plusieurs sources. La disponibilité des puces est réduite car certaines capacités de fabrication sont orientées vers les nouvelles générations, ce qui augmente la pression sur la fenêtre d'achat. Dans ce scénario, les deux sociétés tentent d'anticiper si le régulateur chinois autorisera l'intégration d'un processeur de ce niveau dans leurs systèmes de formation sans restrictions supplémentaires.

Accès conditionné par la stratégie chinoise : L'autorisation d'acheter H200 ne dépend pas seulement de la demande des entreprises, mais de la manière dont elle s'inscrit dans les objectifs d'autosuffisance fixés par Pékin. Selon des sources citées par l'agence susmentionnée, les régulateurs sont susceptibles d'exiger des détails précis sur l'objet de chaque ordonnance. Dans tout cela, ce n’est un secret pour personne que la Chine tente d’accélérer le développement de ses propres produits à travers des fabricants tels que Huawei et Cambricon, et toute importation de matériel de pointe est examinée à la lumière de cet horizon stratégique.
La situation laisse un marché dans lequel les règles semblent inversées : les puces comme les A100 et H100 restent sous contrôle à l'exportation, tandis que les H200, plus puissantes et récentes, pourraient arriver en Chine dans un cadre exceptionnel. Cette asymétrie conditionne l'avancement des modèles les plus ambitieux du pays, qui ont besoin d'un matériel compétitif pour continuer à évoluer. L’issue dépendra de ce que Pékin décidera dans les prochains jours.
Images | Nvidia | Arthur Wang |
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